Mélusine en Forez

La légende de la Fée Mélusine, mi-femme, mi-serpent, entre dans la littérature du « merveilleux ». En France, deux romans du Moyen-Age (XIVe – XVIe siècle)* rapportent la noble histoire de Lusignan-en-Poitou. Ils content le destin de ce couple extraordinaire formé par Raimondin, frère du Comte de Forez et Mélusine, femme mystérieuse venue d’ailleurs. Ils donnèrent naissance à une lignée de 12 enfants mâles marqués par leurs difformités et leurs vies aventureuses. Parmi eux, deux descendants de Mélusine ont leur place dans l’histoire légendaire de Marcilly-le-Châtel, citadelle fortifiée, comme deux siècles plus tard Amasis, Reine de Forez dans l’Astrée.

Au début de l’histoire, le Comte de Forez marié à la sœur du Comte de Poitiers lui confie l’un de ses fils, Raimondin « d’une exceptionnelle beauté, très gracieux et débordant de qualités remarquables ». Il devient Chevalier et rencontre, auprès de la « Fontaine de la Soif », Mélusine, et est « ébahi de sa merveilleuse beauté ». Il la demanda en mariage. Mélusine lui fait prendre l’engagement « de ne jamais chercher à la voir et à s’enquérir du lieu où elle sera le samedi ». Ils sont unis par un évêque, vont connaître une vie fastueuse, aventureuse et heureuse, fondent la forteresse de Lusignan et engendrent douze enfants dont Geoffroy À La Grand’Dent, sixième du lignage, puis Raimonet, onzième.

Mais cette bonne fortune est rompue par la faute du Comte de Forez, frère de Raimondin, qui l’a poussé à rompre le secret et à découvrir la transformation hebdomadaire de Mélusine « en femme jusqu’au nombril et en dessous en forme de queue de serpent, grosse comme un baril à harengs ». Le charme est rompu. Mélusine s’envole par une fenêtre du Château de Lusignan en jetant un horrible cri, et ne revient désormais survoler les demeures de ses descendants qu’à l’approche d’une disparition.

C’est le cas au-dessus du Château Sainte-Anne car Geoffroy À La Grand’Dent, rendant responsable son oncle le Comte de Forez du malheur familial, vint à « Jalensi à l’époque, à présent Marcilly-le-Châtel » le précipiter du haut du donjon et installer Raimonet nouveau Comte de Forez.

La sculpture de Mélusine a été placée sur le mur du bâtiment sud de l’école Jean-Côte, le regard tourné vers l’ouest où subsistent les fondations du château de l’un de ses deux derniers enfants.

* Mélusine de Jean d’ARRAS – Le roman de Mélusine de Coudrette

Bg